Ligurie (1) : randonner en Riviera du Levant

Fin mars 2018, nous avons parcouru en kayak de mer la partie Est de La Ligurie (Italie), appelée aussi la Riviera du Levant, à l’Est de Gênes.

Levanto

Notre parcours d’environ 35 milles, de Sestri Levante à La Spezia, peut se faire en 3-4 jours de navigation.

Itinéraire de Sestri Levante à La Spezia

La carte Kompass Cinque Terre couvre tout le parcours et convient pour les randonnées côtières.

Paysage

La côte est rocheuse tout du long. Les falaises se succèdent, plongeant directement dans la mer.

Côte ligure

Elles s’entrouvent sur quelques larges baies au fond desquelles les villages ont gardé leur authenticité, même s’ils sont devenus des stations balnéaires. Le charme est bien là et la côte n’est pas défIgurée : Sestri Levante, Moneglia, Levanto.

Moneglia

Levanto

Les Cinque Terre sont 5 villages pittoresques, perchés sur les hauteurs et entrouverts sur la mer par des petits ports, difficiles d’accès s’il y a de la houle.

Vernazza

Les falaises se terminent à l’entrée de Portovenere, très joli village auquel fait face un petit archipel sublime : Palmaria et ses satellites. La fin du parcours donne accès au Golfe des Poètes au fond duquel se niche la rade de La Spezia.

Portovenere derrière sa forteresse

Saison

Cette côte est très touristique, la saison démarre le 1er avril. Tous les villages sont fréquentés, et les Cinque Terre ont une renommée internationale. De plus les italiens sont en vacances scolaires la semaine qui suit Pâques. Il faut donc s’attendre à un afflux important, aussi bien par terre que par mer.

Anse de Levanto

En naviguant fin mars, nous n’avons vu personne sur l’eau, les villages étaient encore calmes, sauf les Cinque Terre. Par contre l’atmosphère et l’eau sont encore fraiches à cette saison.

Temps mitigé fin mars

Le parking de la voiture est un problème, les possibilités ne sont pas nombreuses. N’ayant pas trouvé de mise à l’eau et parking à Sestri Levante, nous sommes partis un peu plus à l’Est, à Riva Trigoso. Levanto peut être une base de départ pour visiter les Cinque Terre.

Falaises, houle et vent

Les falaises dominent, rendant l’accès à la côte difficile. A leurs pieds, les grèves de gros galets ne sont jamais très larges, elles ne permettent pas d’envisager des bivouacs sereins. L’accumulation des sédiments dans la mer fait remonter le fond et donc déferler la houle.

Paysage typique de la côte ligure

Nous avons navigué avec une houle annoncée entre 0,5 et 0,8 mètres. Elle suffit à rendre les débarquements compliqués, même dans les ports ! Seuls les endroits protégés par une digue restent fréquentables.

Spiaggia Arena, protégée par une digue.

Dès que le vent se lève, la mer s’agite en clapot. Le long des falaises, le vent peut être supérieur à celui annoncé et le clapot est renforcé par la réfraction de la houle. Cette mer est désagréable dès qu’il y a du vent.

Clapot généré par le vent

Globalement nous avons eu une période calme avec peu de vent. La navigation est à proscrire sur cette côte dès que la combinaison de houle et de vent atteint un seuil : houle > 0,5-0,8 m et vent > 3 Bft.

Clapot généré par la réfraction de la houle sur les falaises

Bivouac

Le bivouac n’est pas facile dans la zone. Dans les villages, il est interdit sur la plage. Il reste envisageable hors saison mais après le 1er avril il ne faut pas y compter. Les grèves de galets ne sont pas larges et sont soumises à la houle. Bref, avec une seule tente et hors saison on s’en est sortis, mais autrement il faut envisager un hébergement dans les villages !

Monterosso hors saison !

Train

Le train côtier fait partie du paysage. Il parcours la côte dans une succession de tunnels et s’arrête dans tous les villages. C’est donc une solution très pratique pour aller récupérer la voiture après une itinérance côtière, et aussi pour visiter les Cinque Terre.

Habitations sur les hauteurs et tunnels du train en bas des falaises

Gare au dessus de Scoglio Ciamia, petit port très abrité au sud de Framura

Conclusion

La côte ligure Est nous a charmés par sa beauté sur tout notre itinéraire. Elle est sauvage tout au long de ses magnifiques falaises et l’ambiance est très marine. Comme partout en Méditerranée, il vaut mieux éviter la saison, entre avril et septembre, et ici il vaut mieux rester à terre s’il y a de la houle car elle rend toute approche de la côte difficile.

A l’approche de Portovenere

A suivre :
Ligurie (2) : Les Cinque Terre, par terre et par mer !

 

Retour d’une virée en Ligurie

 

Pointe sud du Golfe des Poètes

Dans la partie Est de La Ligurie (Italie), les falaises dominent. Elles s’entrouvent sur quelques larges baies et petites anses qui dévoilent des villages pittoresques, dont les fameux Cinque Terre.

En longeant ces côtes, chahutées par un rien de houle, nous sommes arrivés en quelques jours à l’extrémité d’un archipel exceptionnel…

A lire bientôt sur Mercipourlekayak !…

La Ciotat – la Calanque d’en Vau

Nous poursuivons notre itinéraire vers l’ouest. Après l’archipel des Embiez, puis la calanque du port d’Alon, nous voici prêts à embarquer à La Ciotat.

Lors de ce 3ème jour d’un weekend de janvier 2018, notre parcours nous conduit de La Ciotat à la Calanque d’en Vau, pour enfin débarquer à Cassis.

Itinéraire de La Ciotat à la Calanque d’en Vau, carte Geoportail

Baie de La Ciotat

Un ami nous a déposés au port de St-Jean dans la Baie de La Ciotat, et il viendra nous récupérer à l’arrivée, au port de Cassis.

Ville de La Ciotat

Avec une allure au près et une bonne distance à parcourir sur la journée, nous décidons de traverser directement la Baie de la Ciotat. Pourtant le port mérite une visite, notamment pour sa flotille de pointus.

Yachts amarrés au chantier naval de La Ciotat

Nous contournons la digue du port pour faire une courte pause dans l’Anse du Grand Muguel.

Les falaises du Bec de l’Aigle au Cap Canaille

Nous mettons ensuite le cap sur le Bec de l’Aigle pour basculer dans un autre monde. Nous laissons à babord l’île Verte que le vent de sud-ouest (4-5 Bft) rend infréquentable. A partir du Cap, la mer est plus agitée et le vent plus sensible.

Au pied du majestueux Bec de l’Aigle

Nous faisons une incursion dans l’anse de Figuerolles. Au fond une plage de galets permet de débarquer. La fréquentation à terre nous rappelle que nous sommes en milieu péri-urbain.

Anse de Figuerolles

Nous continuons notre chemin pour reprendre le large, il nous est réservé aujourd’hui ! Pas le moindre navire en vue, sauf un bateau de pêche professionnel qui rentre au port.

Falaises sous la Chapelle Notre-Dame de la Garde

La mer houleuse et clapoteuse ne permet pas de raser les falaises. Nous décidons de remettre nos voiles et de profiter du vent et des vagues arrières !

Anse du Cannier

Nous apercevons des grimpeurs dans la via ferrate de l’Anse du Cannier.

Nous filons le long des falaises Soubeyranes. Les conditions nous sont favorables, tant mieux car il y a encore de la distance jusqu’à Cassis.

Falaises Soubeyranes

Cap Canaille, au fond la Baie de Cassis

Ces grandioses falaises jusqu’au Cap Canaille offrent de belles variations autour des mélanges de calcaire, grès et poudingue.

Baie de Cassis


A l’approche de la Baie de Cassis

Enfin nous entrons dans la Baie de Cassis pour une halte bien méritée dans l’anse de l’Arène.

Nous coupons au large de Cassis pour mettre le cap sur la calanque de Port Miou que nous laissons à tribord.

Calanques

Nous arrivons enfin à l’entrée des calanques de Port Pin et d’en Vau.

Entrée des calanques, Port Pin à droite et En Vau à gauche

Nous visitons d’abord Port Pin. Les visiteurs venus par le sentier côtier sont nombreux à profiter du soleil à l’abri du vent au fond de la calanque.

Calanque Port Pin

Nous poursuivons notre chemin le long de cette côte couverte de pins d’Alep pour rejoindre la calanque voisine.

Entrée de la calanque d’en Vau

La calanque d’en Vau est paradisiaque comme cette prise de vue le laisse voir, mais il ne faut pas se laisser abuser, sur les galets il y a beaucoup de monde à aller et venir ! Eh oui, même en janvier la fréquentation est impressionnante, nous ne préférons pas imaginer l’affluence ici aux beaux jours !

Halte à la calanque d’en Vau

Les embruns nous ont bien mouillés, et la calanque étant à l’ombre, nous ne traînons pas ici et faisons route arrière vers Cassis, avec une vue splendide sur le Cap Canaille.

Sortie de la Calanque d’en Vau, vue sur le Cap Canaille

Conclusion

Nous avons eu la chance de faire cet itinéraire de 12 milles nautiques en aller simple, profitant ainsi de conditions portantes pour parcourir les longues falaises Soubeyranes. Le vent de secteur sud-ouest était au moins 1 Bft de plus que la prévision côtière. Nous avons pu utiliser nos voiles sur la totalité du parcours mais la mer de vent était inconfortable dans la Baie de Cassis.

En savoir plus

  • Cet itinéraire est décrit dans le Guide kayak de mer Méditerranée, 50 itinéraires (en cours de réédition chez Le Canotier) – N°22 : Le Cap Canaille et N°21 : la calanque d’En Vau
  • Cet itinéraire se situe intégralement dans le Parc National des Calanques. Toutes les informations pour la navigation sont disponibles sur la plaquette de règlementation maritime. Pour une sortie « grand large », le canyon de Cassidaigne, à 6 milles nautiques au sud-ouest de l’île Verte, est un site favorable pour tenter d’observer des cétacés…

A Philippe, ami kayakiste passionné

En tant qu’encadrant du Canoe Kayak Club de Vannes (56), Philippe m’a donné beaucoup d’enthousiasme à naviguer dans le golfe du Morbihan. Les samedis après-midi passés dans le courant de La Jument ont laissé des émotions à plus d’un ! Faire le stop à la balise du Grand Mouton, c’était le grand moment de frisson qui nous faisait sourire… Plus largement, c’était la convivialité et l’accueil de tous qui étaient de mise, avec simplicité et humilité.