Sécurité : ré-embarquer seul à bord (part.1)

La règlementation

La réglementation D240 précise que l’armement basique pour une navigation au delà de 300 mètres des côtes doit comporter un « moyen de remonter à bord sans assistance extérieure pour une personne tombée à l’eau« .
Pagayeurs marins précise en préconisant que le kayak soit équipé de lignes de vie continues, y compris le long de l’hiloire, et qu’il soit équipé d’un paddle float dans le cas où le kayakiste doit remonter seul à bord.

A quoi sert d’être capable de remonter seul à bord si l’on respecte la règle de sécurité de base en kayak qui est de ne pas naviguer seul ?

Parce que même lors d’une navigation à plusieurs on peut se retrouver dans une situation où l’on est isolé et dans l’obligation d’assumer seul sa sécurité. C’est déjà arrivé dans des conditions de mer difficiles, un groupe qui s’éclate et l’impossibilité ou l’incompétence du groupe à venir en aide à un dessalé.

Parce qu’il arrive aussi, en connaissance de cause et en assumant sa responsabilité en tant que « chef de bord », qu’on soit amené à naviguer seul. Dans ce cas on commencera par être intransigeant sur la météo.

Finalement le meilleur état d’esprit à avoir quand on embarque, seul ou à plusieurs, est : qu’est-ce que je mets en place pour assurer ma propre sécurité ?

Le paddlefloat

Le moyen connu par les kayakistes, et recommandé dans l’armement de sécurité, est le « flotteur de pagaie » ou « paddle float ». Il s’agit d’un moyen gonflable ou non, fixé sur une pale de la pagaie, et permettant de s’en servir comme balancier pour stabiliser l’embarcation afin de pouvoir y remonter.

Pour une 1ère approche : voir cette animation didacticielle :
Bases de la sécurité -> Ré embarquer avec un flotteur

Augmenter ses chances de réussite

Ce système a une limite comme nous l’explique Jacques Brouyer, kayakiste au club « Rand’eau kayak » de Criel sur mer (76). Comme il est amené aussi à sortir seul en kayak pour assouvir sa passion de la pêche, et qu’il fréquente des eaux froides en Normandie, il a testé et éprouvé les techniques pour ré-embarquer seul à bord en cas de dessalage.
Car, comme le dit Jacques : on peut rater un esquimautage, mais on doit être sûr de son moyen pour ré-embarquer seul.

Jacques, de part son passé professionnel, est particulièrement sensible aux questions de sécurité. Il a navigué à la pêche et au commerce et y a côtoyé pas mal de drames. Beaucoup auraient pu être évités par le simple bon sens et des choses élémentaires mises bout à bout.

On comprend qu’il ait une approche rigoureuse de la sécurité en mer et qu’il l’applique à la navigation en kayak.
Il a éprouvé la technique du paddle float et affirme que, pour être vraiment efficace tout en permettant d’économiser son énergie, la pagaie doit être solidarisée au kayak avant de ré-embarquer.

Voici 3 moyens pour fixer sa pagaie, préalablement équipée d’un paddle float, au kayak :

* 1ère méthode : la pagaie est passée sous les lignes de vie

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Pagaie glissée sous les lignes de vie

* 2è méthode : la pagaie est fixée par des velcros ou des attaches spécifiques

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Système à velcros : un double recouvrement par velcro identique au leash des surfeurs est recommandé

fixations de pagaie Kayak Sport
Des fixations de pagaie à la place des velcros (ici encore emballées et non posées)

C’est un système fabriqué par Kajak Sport, il est placé derrière l’hiloire et composé de deux crocs qui enserrent la pagaie de chaque coté du kayak en cas de besoin, notamment pour fixer la pagaie lorsqu’elle supporte le paddle float.

* 3è méthode : la pagaie est fixée à l’aide d’une sangle

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La sangle est utilisée pour fixer la pagaie pour le cas où il n’y aurait pas d’autres moyens (par exemple la ligne de vie a cédé…)
On se met à l’arrière du kayak et on passe l’ensemble boucle / pagaie vers l’avant, derrière l’hiloire. On serre la sangle pour que la pagaie soit bien maintenue. C’est un moyen peu aisé à mettre en œuvre, à utiliser en dernier recours.

Conclusion

Jacques ajoute encore : Les systèmes décrits ici ont été testés dans le clapot et sont fiables. Mieux vaut perdre un peu de temps en amont mais être habitué à utiliser un système vraiment fiable où l’on gardera son calme et où la dépense d’énergie sera faible.

Attention ! on ne dit pas ici que ces moyens fonctionnent dans de la grosse mer avec des déferlantes qui vont remplir le bateau.

Pour finir, les différents systèmes sont à tester car le moyen le plus adapté dépend du kayak et de la pagaie, mais aussi surtout du kayakiste. Dans tous les cas, il devra s’entrainer pour trouver le moyen le plus efficace et le plus sûr. Et son entrainement ne s’arrêtera jamais…

Pour en savoir plus :
Jacques Brouyer : j.brouyer@gmail.com

A suivre (part.2) : variations pour compléter le sujet et pour augmenter ses chances de réussite.

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