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Stage de sécurité en kayak de mer

Comme chaque année en janvier, Manche Ouest organisait son stage sécurité en kayak de mer. 18 personnes y ont participé cette année, pas mal !

Jef nous en a servi le menu sur son blog Randokayak. Pour le digestif, je vous propose de relire : Le stage sécurité de Manche Ouest, édition 2013.

Et pour ceux qui se disent « Une session sécu de plus, à quoi ça sert ? », cette réflexion :
Journée sécurité en kayak de mer (avril 2014).

Du bon usage de la VHF… Allo tu me reçois ?

La règlementation de la D240 a changé depuis le printemps 2014, la VHF est devenue obligatoire pour naviguer au delà de 2 milles :
Un groupe doit être équipé d’au moins 1 VHF pour 2 kayaks (*)

Allo Calimero

Autant savoir l’utiliser à bon escient, et non pas comme un talkiewalkie comme on le voit parfois 😉
Pour répondre mes questions, je me suis adressée à un professionnel, Officier Radio, qui pratique aussi le kayak de mer.

Intérêt du CRR

Q : Il n’est plus obligatoire d’avoir le CRR (certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile maritime) pour utiliser une VHF, mais est-il utile de lire le manuel de préparation à l’examen du CRR ?

R : L’administration française a joué le jeu de l’intelligence dans cette affaire, en privilégiant la sauvegarde de la vie humaine. La lecture du programme du CRR reste malgré tout d’actualité, d’une part pour avoir un aperçu du système global, et d’autre part pour prendre connaissance de quelques points extrêmement importants :
– savoir quoi faire en cas de message de sécurité, d’urgence ou de détresse
– connaitre par cœur l’alphabet international surtout si vous naviguez à l’étranger.

Règles d’usage pour communiquer

Q : Quand on prend la parole à la VHF, comment se présenter en tant que kayakiste ?

R : La règle est simple et doit être respectée à la lettre sous peine d’être mal perçu et ceci dans tous les sens du terme.
Je prends un exemple : mon kayak s’appelle « Rose des vents » et je veux prendre contact avec le CROSS Corsen, le message doit être formulé de la sorte : « CROSS Corsen de kayak de mer « Rose des vents » canal 16, me recevez-vous ? »
L’indication « kayak de mer » permet à votre interlocuteur de savoir immédiatement à qui il a affaire, et l’indication du canal utilisé permet de lever l’ambiguïté en cas de double ou triple veille.
Dans la suite des échanges il ne sera plus nécessaire de spécifier « kayak de mer » seul le nom du navire suffira.
Il est évidemment indispensable que chaque kayakiste connaisse le nom du bateau sur le quel il navigue.

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Q : Comment communiquer entre kayakistes ?

R : En principe, là encore, on doit utiliser le nom du bateau, il est bon de s’habituer à cette règle. Par contre, c’est évidemment la plus grande efficacité qui sera toujours recherchée et si dans un groupe de 20 personnes un « rando 1 » de « rando 2 » est plus parlant qu’un « la mouette » des « brisants », c’est cette terminologie qu’il faudra utiliser. Le bon sens doit toujours rester maitre du jeu.
Enfin, éviter de raconter sa vie à la VHF, les échanges doivent être minimalistes.

Sécurité

Q : Comment joindre les secours les plus proches ? Quels sont les canaux à connaitre ?

R : En cas de gros pépin, il ne faut pas hésiter à contacter directement un CROSS. Par le système des antennes déportées, il sera en mesure de vous recevoir et de vous répondre sur l’ensemble du littoral, même avec un émetteur de 5 watts.
Sinon, il est préférable de joindre les sémaphores militaires qui sillonnent la côte, la liste en est donnée en annexe de ce document.
Les canaux à connaitre absolument, en dehors du canal 16, sont les 4 canaux « navires navires » : 06, 08, 72 et 77.

Q : A quoi sert le canal 15 ?

R : Le canal 15 est un canal réservé à la surveillance des plages, il peut s’avérer très utile mais seulement l’été.
Voir : le tableau complet de l’ensemble des canaux VHF.

Réglages utiles

Q : Quels sont les points particuliers à repérer dans le mode d’emploi de sa VHF ?

R : Le réglage du volume et du squelch, et le verrouillage du clavier qui est très important en navigation car on a vite fait d’appuyer sur le clavier et de changer le canal de veille par inadvertance.
A propos de la mise en œuvre de la double veille : les kayaks ne sont pas astreints à la veille du 16 mais cela peut quand même être bien utile.
Sur les VHF actuelles, il y a de plus en plus de fonctions qui relèvent plus du gadget que de l’utile…

vhf

Entretien

Q : Comment entretenir sa VHF ?

R : Pour l’entretien de la VHF, il y a plusieurs points qui me semblent essentiels :

  • la rincer à l’eau douce systématiquement
  • ne pas l’exposer directement aux paquets de mer, elle n’est pas faite pour cela, le mieux est d’avoir sur son gilet une poche prévue pour l’héberger
  • ne jamais la laisser en plein soleil
  • éviter le contact avec le sable
  • pour les VHF ayant des contacts de chargeur apparents, protéger ces contacts par du scotch électrique entre chaque charge
  • vérifier très souvent qu’il n’y a pas eu d’entrée d’eau dans l’antenne, c’est un des points sensibles de nombreux appareils

Conclusion

Utiliser une VHF demande un minimum d’apprentissage. Au delà du mode d’emploi, les règles d’usage sont à respecter car les kayakistes ne sont pas les seuls sur l’eau et à l’écoute…

Merci à mon interlocuteur pour ses conseils éclairés.

(*) Arrêté du 28 avril 2014

Article 4, III.-Effectuent des navigations diurnes à une distance d’un abri n’excédant pas 6 milles : disposer pour chaque groupe de deux d’un émetteur/récepteur VHF d’une puissance minimale de 5W, étanche, qui ne coule pas lors d’une immersion, et accessible en permanence par le pratiquant.

Destination Scotland (3) : la sécurité

Le projet de naviguer à l’étranger, dans une zone qui ne nous est pas connue, à deux, nous a amenés à nous interroger sur la question de la sécurité sans se mentir.

Se mettre face aux difficultés potentielles oblige à être autonome et ne permet pas de se cacher derrière une fausse impression de sécurité dans un groupe élargi.

Communication

Comme nous ne partons pas dans une zone isolée, nous avons fait le choix de partir « légers » du côté technologique. Nous n’emportons que des VHF et des téléphones portables de base (sans accès internet).

communication 2

Le mobile, avec une batterie de rechange, servira à échanger des SMS. Nous pourrons, si nécessaire, recharger nos appareils lors de haltes dans un pub ou ailleurs, nous emportons les chargeurs avec un adaptateur aux prises UK.

Météo

Pour prendre la météo, nous avons chacun une VHF, et connaissons les canaux et horaires de diffusion. Cependant, il n’est pas garanti de pouvoir capter le bulletin en tout lieu, et surtout d’être sûr de bien la comprendre.

meteo

Pour cette 1ère expérience, nous avons donc préféré faire appel à un ami, merci Alain, qui nous communiquera chaque soir les prévisions des 3 prochains jours par SMS.
La météo sera prise sur MetOffice (zone Mull) et Winfinder.

Sauvetage

Pour faire face au dessalage, nous sommes entraînés à l’esquimautage et sommes aussi conscients de nos limites. C’est pourquoi nous avons particulièrement travaillé l’auto-récupération ce printemps. On s’est entraînés à plusieurs techniques :

  • En 1er lieu, esquimauter avec la voile : c’est clair ça ne marche pas car la voile nous retient sous l’eau, il faut dont démâter avant d’esquimauter.
  • En 2d lieu, remonter seul après avoir déjuppé : la 1ère méthode consiste à se hisser sur le pont arrière, la 2è méthode se base sur l’aide du paddle float (*). Pour cette dernière, nous avons expérimenté une variante, qui consiste à crocheter l’hiloire avec le talon avant de se hisser (**). Cette méthode est efficace parce que le centre de gravité reste très bas, et en plus elle ne demande pas trop d’énergie.

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Même si au Royaume-Uni la pratique du kayak de mer n’est pas soumise à une règlementation, nous aurons notre équipement conforme à la règlementation française pour naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri.

Conclusion

On a mis ce qu’il faut en place pour gérer une situation de récupération ou de sauvetage, mais pour minimiser le risque de survenue d’une situation délicate, nous privilégions les moyens d’obtenir des informations précises pour bien préparer nos navigations. Nous remercions particulièrement Peter Bisset, ainsi que Guy & Véro.

(*) Ré-embarquer seul à bord à l’aide flotteur ou paddle float (24 janvier 2014)
(**) Heel Hook Paddle Float Self Rescue : DVD Volume 2 de Gordon Brown ; article illustré dans SeaKayaker ; démonstration en vidéo

A suivre :
Destination Scotland (4) : le retour… 😉