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La passion de la pagaie

Kayakiste de mer et de rivière, encadrant au club de Vannes, vice-président de CK/mer, et intervenant au prochain symposium Pagaia, Jérôme Le Ray nous livre quelques clés de sa passion.

Tu dis que toutes les pratiques du kayak sont dans le kayak de mer, tu peux expliquer ?

Le kayak de mer permet une multitude de pratiques très diverses qui se complètent à souhait :

  • Une pratique fitness par des sorties longues (s’approchant du kayak de course en ligne ou des pratiques longues distances)
  • Une pratique fun par le surf
  • Une pratique slalomée avec le jeu des courants comme dans le Golfe du Morbihan ou sur l’archipel de Bréhat par exemple
  • Une pratique randonnée sur un week-end ou plusieurs semaines
  • Une pratique engagée par le rase-cailloux (et les roustes qui l’accompagnent)
  • Une pratique douce par des balades à la demi-journée ou à journée

Surf à Berder
Golfe du Morbihan (56), Berder – Août 2009

D’où viens-tu et comment as-tu commencé le kayak ?

Je suis tombé dans le monde du kayak un peu par hasard. En 2003, un copain en formation au CREPS de Dinard, lors d’une de mes visites en Bretagne, m’a emmené un week-end de Pâques par grand coefficient sur la ria d’Etel.

Bien mal m’en avait pris ! Plusieurs bains, mal équipé, je me revois encore tout grelotant et pestant sur ce maudit esquif.

Quelques semaines passèrent et je fis l’acquisition de mon premier kayak. Après plusieurs sorties solitaires et un périple autour des îles d’Hyères (Var), je me suis inscrit dans un club de kayak, le CKVO (Canoë Kayak Val de l’Oise).

Riviere 1
Le Têt (64) – Mai 2006

Ensuite s’enchaînèrent des sorties sur l’Oise, en baie de Somme (rebaptisée baie des phoques), Etretat…
Depuis, c’est une vraie addiction.

Comment t’es-tu formé et quelle est ta qualification ?

D’abord, essentiellement par compagnonnage. Puis, à l’aide de quelques livres et me rendant à des week-ends CK/mer, en participant à plusieurs grands rendez-vous kayaks (symposium Pagaia en 2005, rencontres internationales à Buguélès (Côtes d’Armor) en 2006, rencontres Norsaq)…

trad et pagaie bois
Esquimautage lors d’une rencontre « Bois et Toiles » organisée par Peuple Nomade – Lézardrieux (22) – Mai 2006

Et puis, je suis sorti dès que la moindre occasion se présentait.

Je me suis alors frotté au monde de la rivière, très formateur et fort complémentaire pour la pratique du kayak de mer.

Mes premières rivières furent la Cure, le Challaux, puis vinrent d’autres rivières dans les Pyrénées, les Alpes, le limousin.
Depuis, je navigue essentiellement sur les rivières bretonnes (l’Ellé, le Scorff…)

Riviere 2
Le Chalaux (58) – Oct. 2006

En 2008, j’ai passé le monitorat de kayak en Bretagne (qualification Eaux Vives et Mer).

En tant qu’encadrant au club de Vannes (CKCV), quelle est ta vision de la pratique du kayak de mer en club ?

Je souhaite surtout favoriser l’autonomie, en amenant les adhérents à une pratique active, autonome et non clientéliste, axée sur le plaisir partagé.
Enfin, en fonction de ses aspirations, permettre à chaque adhérent d’être capable d’orienter sa pratique et de faire les bons choix de navigations pour lui-même et pour le reste de la flottille.

Golfe_Morbihan_navigation
Golfe du Morbihan (56), Pointe de la Jument – Août 2009

Tu es vice-président de CK/mer, qu’est-ce que t’apporte cet engagement ?

De créer du lien, la découverte d’une panoplie presque improbable de personnes de tous horizons et de contribuer modestement à une action militante de promotion et de prolongement de la culture du kayak de mer et de ses pratiques.

kayak traditionnel
Stage de construction de kayak trad’ avec Kerlo – Déc. 2006 – Saint-Armel (56).
La construction d’un kayak traditionnel est une expérience formidable : choix des formes et réflexion sur l’architecture du kayak que l’on souhaite faire, apprentissage des techniques et travail du bois, enfin couture et patience…

Quels sont les sources d’intérêt pour les kayakistes en adhérant à cette association ?

CK/mer est une association qui regroupe des kayakistes de tous horizons avec des pratiques très variées. C’est aussi une association culturelle.
Le kayak de mer n’est pas seulement un sport mais aussi une culture, issue de traditions ancestrales inuits.

Cette association offre un formidable réseau, permet de partager un état d’esprit et des valeurs que sont l’autonomie et la responsabilité individuelles, le compagnonnage, la transmission des connaissances du kayak de mer.
Par ces actions, CK/mer tente d’entretenir l’héritage culturel du kayak de mer. C’est donc un acte militant.

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Aber Benoît (29) – Mai 2005

Quels sont tes kayaks préférés ?

Difficile de répondre simplement. J’ai toujours eu une attirance toute particulière pour les kayaks à bouchains vifs. Et bien évidemment pour l’Anas Acuta de Valley. Presque à chaque sortie, il me permet de mieux comprendre comment fonctionne un kayak et comment il interagit à chaque coup de pagaie.

Ultima Artika
Arktika Ultima, Polyform – Baie des Trépassés – Juin 2008

J’aimerais beaucoup essayer le Romany de Nigel Dennis, le Quest de P&H, et d’autres encore, pêle-mêle Xcite, Delphin155, QBoat, Chatam17

Dans quelles formes de pratique est-ce que tu t’éclates le plus ?

Sans aucun doute dans une pratique « fun et engagée ». Aller titiller au plus près la roche et les cailloux, prendre de belles vagues et surfer…

gros surf
Plougrescant (22) – Avril 2008

Je m’éclate tout autant lors de bivouacs et de longues sorties.

Quelles sont les rencontres qui t’ont marqué ?

Pagayer accompagné de dauphins au rythme de leur expiration est un moment magique.
Lors de ma première sortie avec mon kayak trad’ en baie de Somme, un jeune phoque est venu posé sa p’tite frimousse sur ma proue.

As-tu des moments particulièrement forts à relater ?

Il y en a tellement.
Notre escapade sur Ar Men à laquelle tu as consacré un bel article restera un moment inoubliable.

Phare de La Vieille
Phare de La Vieille sur la roche de La Gorlébella, Raz de Sein. Sept. 2008
J’aime naviguer dans ce coin de Bretagne, sauvage, presque loin de tout

Ce que je retiens particulièrement, ce sont surtout les rigolades et les moments de franche camaraderie autour d’un verre où chacun conte à sa manière ses exploits de la journée passée.

Tu seras intervenant au prochain symposium Pagaia, quels ateliers vas-tu proposer ?

A côté d’intervenants prestigieux (Jean-Marc Terrade, Nigel Foster, Nigel Dennis, Phil Cleg), je vais modestement proposer des ateliers orientés autour des techniques de pagaie groenlandaise (pagaie traditionnelle). Un gros challenge…

Qu’est-ce que tu as envie d’explorer dans l’avenir ?

J’aimerais aller naviguer en mer d’Irlande et en Ecosse, découvrir de nouveaux sites, améliorer ma pratique en canoë (open canoë et canoë de slalom) et continuer à progresser.

Contact : Jérôme Le Ray – jleray@gmail.com

Le kayak de mer fun et sportif…

Il est très présent sur mon blog parce qu’il est souvent à l’initiative de nos sorties, vous savez celui qui m’a fait découvrir sa « passion des cailloux »…

Il est jeune et vient de la rivière, et pourtant il s’éclate en kayak de mer, Nicolas Daviau nous explique pourquoi.

Quelles sont les pratiques du kayak de mer que tu affectionnes ?

Tout d’abord j’avais des a priori sur le kayak de mer. En fait, plus je pratique, plus je rencontre des kayakistes « rando, balade avec maman », mais aussi d’autres qui sont prêts à en découdre avec les éléments. Finalement, je suis un peu des deux.

Le Kmer est un super outil multifonction, il regroupe toutes les disciplines du kayak.

  • J’aime son côté canoë pour le bivouac,
  • J’aime son côté slalom entre les cailloux,
  • J’aime beaucoup son côté surf dans les vagues de courant ou de houle,
  • J’aime son côté course en ligne pour la vitesse,
  • J’aime son côté descente pour le manier à la gîte et pour l’endurance,
  • J’aime son côté marin que l’on ne retrouve pas dans les autres disciplines.

Surf à Berder
Surf à Berder – Golfe du Morbihan – oct 2010

J’essaye de faire un peu de tout dans chaque sortie. J’apprécie la pratique ludique du kayak de mer et les possibilités d’avoir de bonnes sensations comme en rivière ne manquent pas.

Rester surfer dans la barre d’Etel jusqu’à épuisement, j’adore ça. Par contre faire une traversée sans mer, ou la distance pour la distance ne m’attirent absolument pas.

Je prends chaque sortie pour un « entraînement/jeu », aussi je ne cherche pas à éviter totalement les difficultés sans pour autant me mettre en danger, si je le sens j’y vais ! J’essaye des trucs que j’ai vus à droite à gauche, j’observe les bons kayakistes.

Côte Emeraude
Côte Emeraude – mai 2010

A quel âge as-tu commencé et quel est ton parcours ?

La découverte de la rivière
J’ai commencé le kayak dans l’endroit où il y a le moins d’eau en France ! Dans la campagne beauceronne.
A 13 ans, je me suis inscrit à un stage d’été proposé au club de Bonneval (CKCB). Puis un second stage en eau calme, puis 4 jours à Beaugency pour appréhender l’eau vive sous les arches du pont. J’ai adoré !
J’ai aussi apprécié l’ambiance kayak (les potes, camping, moniteur essayant d’être sérieux, camion pourri, t shirt puant la rivière). A la rentrée, on s’est tous inscrits au club !

L’eau plate
Pendant 8 ans au CKCB, j’ai fait un peu de compète (slalom, descente) pour faire comme les autres, beaucoup d’entraînements sur l’eau plate, mais ça n’était pas mon truc.

Les copains
Ce que j’aimais, c’était faire le con avec mes potes, partir en weekend rivière sur le Chalaux, faire du camping sauvage, s’arroser, faire « A l’abordage! » en canoë, les combats de joute, attendre les crues hivernales, faire un petit tour de canoë avec les filles, faire un petit tour de canoë tout seul en observant la nature.

La haute rivière
Plus tard j’ai acheté un kayak et l’équipement pour me mettre à la haute rivière classe IV-V. J’ai navigué un peu dans les Vosges et j’ai découvert le forum de kayak « eaux vives », j’y ai fait des rencontres et découvert plein de rivières.
J’ai constaté aussi que je n’avais pas le niveau technique pour la classe IV-V. J’ai pris contact avec le club d’Orsay sur le net et je suis parti avec eux en Suisse, puis dans les Alpes. Ces vieux loups de la rivière m’ont appris à naviguer et à me promener dans du IV-IV+. Je leur ai dit « hey les papy’s : je veux envoyer du GROS! » « A ouais gamin, tu veux envoyer du gros ! » Résultat : Combes Chauves (vallée du Guil dans les hautes alpes) V-VI, j’ai tout porté !

A 18 ans, j’ai acheté mon premier kayak que j’ai revendu l’année dernière. Je l’ai trimbalé partout ! Je naviguais souvent seul sur les spots de freestyle ou dans les vagues en mer.

Surf à Berder 2
Surf à Berder – Golfe du Morbihan – oct 2010 (photo Yves Philippe)

Comment as-tu découvert le kayak de mer ?

J’ai découvert le kmer lors d’un weekend organisé par le BE (Brevet d’Etat) du club de Bonneval. Il avait rencontré un type lors d’une formation BE. On avait 17 ans, nous voilà partis pour l’île de Batz.

Rencontre avec la Bretagne
Arrivés sur place à 10h, le cliché : au bar, des bretons au demi. On a rencontré ensuite le « fameux type », une marmule avec des mains énormes ! On le regardait charger son kayak avec des fusées ; il avait prévu d’attaquer un sous-marin ? une pagaie coupée en deux ; bizarre… Il nous dit : ça va souffler ! ils ont prévu du 5-6 et demain du 7-8, ça va aller ? Notre BE : ouais c’est bon, ils savent eskimoter ! …Les kayaks pèsent trois tonnes ! … les vagues sont énormes !!! j’ai à moitié le mal de mer… il nous a baladé 1h30 avant d’arriver sur l’île, on n’y voyait rien, à l’arrivée on était cuits !… Le lendemain, rebelote ! Le type nous dit qu’il a mis 20 min pour revenir ce matin, on hallucine totalement ! On se balade, il surfe des vagues énormes en faisant coucou au chauffeur des navettes, ça avait l’air sympa.

En fait, je l’ai retrouvé dix ans plus tard dans le cadre professionnel. Je l’ai tout de suite reconnu, je lui ai rafraîchi la mémoire sur notre aventure, il me demande si je navigue toujours, je lui dit : oui je viens d’arriver sur Vannes. C’est bien ! moi je suis du coin aussi.
En fait, il s’agissait de Jean Marc Terrade.

Ton expérience en encadrement ?

La Bretagne sud
Je suis encadrant au club de Vannes (CKCV – Canoë Kayak Club de Vannes ), où je suis arrivé il y a 3 ans, assez surpris d’avoir un bon bagage technique, qu’il a fallu quand même adapter au kmer. Par contre, je suis un novice du milieu marin.
J’ai rencontré Benoît Labbé, on s’est bien complétés. Je lui ai appris quelques techniques de kayak dans le courant et il m’a appris à devenir marin. En un hiver de sorties en duo, on a bien progressé !

Cimetière bateaux - Boëd
Cimetière à bateaux – Boëd – Golfe du Morbihan – juillet 2010

Le kayak c’est du compagnonnage, j’ai toujours plus ou moins aidé les débutants et les plus forts m’ont formé en me donnant deux/trois conseils bien précieux que j’aurais mis des plombes à trouver. Pour ça, les clubs c’est bien. J’ai beaucoup appris des kayakistes confirmés du CKCV, Jérôme Le Ray et Philippe Le Tohic.

A la découverte de la « north face »
Aujourd’hui, j’ai 29 ans, je viens de déménager dans le Finistère nord, je cherche des kayakistes qui partagent la même vision de la pratique du kmer. On s’auto-encadre !

Où navigues-tu ?

En Bretagne pour le kayak de mer, et dans les Alpes et ailleurs pour la rivière. Je suis toujours prêt à découvrir un nouveau coin à condition que ça rigole.

Le kayak surf
Je fais aussi du kayak surf mais uniquement lorsque les conditions de vagues sont excellentes. Je débute dans cette discipline mais on progresse très vite quand on a déjà surfé des vagues en kayak de rivière. Le kayak surf reste malgré tout très accessible au kayakiste à condition qu’il sache eskimoter.

Il faut aussi bien choisir son kayak surf car s’il est trop technique cela peut vous dégoûter de cette discipline, les conseils de Thierry Fun Kayak m’ont été précieux.
Il faut dire qu’on se prend de sacrées roustes !! Quand la vague est trop grosse, je ferme les yeux, je me penche en avant en position d’eskimotage et j’attends que ça se passe.
Je m’amuse beaucoup en kayak surf, vitesse et sensations garanties !

Quel sont tes kayaks ?

Pour la mer un Aquanaut Low volume de Valley, et mon kayak surf est un Maverick de Méga.

Celui que tu aimerais avoir, ou tester ?

Pour la mer le même en carbone ou tester les Tiderace ou Rockpool. Mais j’aime bien mon kayak, je me sens bien dedans.

Quels sont les personnes, lieux ou moments de navigation qui t’ont marqués ?

Belle-île, la première fois que j’y suis allé, passes à cailloux avec Jérôme, et la deuxième, ensemble en juillet dernier.

La barre d’Etel, le phare d’Ar Men, notre mésaventure dans la faille au sud des Poulains à Belle-île (passe à cailloux dans laquelle nous avons eu deux bains et failli perdre un kayak. Fallait pas s’engager à deux ! Passe à cailloux : chacun son tour !)

Ar Men
A la conquête d’Armen, tant qu’il est encore debout…

A ton avis, pourquoi les jeunes ne s’intéressent pas au kayak de mer ? Et comment y remédier ?

Si les jeunes ne s’intéressent pas au kayak de mer, c’est parce qu’on ne leur montre pas l’aspect ludique et fun du kayak de mer (surf, passe à cailloux…). Ils ne voient peut-être que la « rando, balade, pépère ».

Les kayaks dans les clubs ne sont peut être pas adaptés à leur gabarit. Il faut aussi les faire accrocher au kayak de mer et ce n’est pas en faisant des sorties adultes, interdites au jeunes, qu’ils vont se sentir acceptés et imaginer que le programme de navigation va leur convenir.

Il y a aussi un problème de responsabilité et de diplôme à avoir pour les encadrer. Ce n’est pas un problème insoluble, c’est juste une question de volonté, certains y arrivent très bien.
Je pense à cette classe de 3è qui fait du kayak de mer en cours de sport.

Quel est ton domaine professionnel ?

Je travaille dans l’environnement, je suis animateur Natura 2000. Ce travail consiste notamment à réaliser, sur un territoire déterminé, un plan de gestion avec les communes, les associations de défense de usagers ou de protection de l’environnement, et les services de l’état. Le but est de fixer des orientations pour la préservation de la biodiversité. C’est du développement durable.

Phare de Sein
Réveil dans la brume… phare de Sein – sept 2010

Dans mon milieu professionnel, j’ai aussi constaté que le kayak bénéficie d’une mauvaise image (bivouac, dérangement des oiseaux marins), mais ce n’est rien comparé à d’autres usagers motorisés.

Il y a surtout un manque de communication et d’explication sur notre pratique de la mer. J’explique simplement que la pratique du kayak de mer nécessite de vraiment aimer la nature pour randonner plusieurs heures et apprécier le bivouac.

Un manque de communication
Nous pouvons aussi être amenés à naviguer dans des secteurs interdits sans le savoir. L’information existe mais elle n’est pas à la portée des usagers. J’ai proposé que l’on travaille sur une cartographie régionale assez fine sur les sites de nidification afin que les usagers de la mer (zodiac, voile et kayak) puissent intégrer cette donnée pour le choix des pauses et des bivouacs en période de nidification (de mars à juillet). A suivre…

Le kayak m’apporte beaucoup dans mon travail, et mon travail enrichit ma pratique du kayak.

Le kayak te laisse-t-il la place à d’autres passions ?

Non pas vraiment, mais avec le kayak j’arrive à tout combiner : rando, jeu, vivre au grand air.

Aujourd’hui quels lieux aurais-tu envie de découvrir ? tes projets ou envies ?

A court terme, je vais continuer à découvrir les côtes bretonnes, faire des bivouacs tout l’hiver.

Héaux de Bréhat
Héaux de Bréhat – nov 2010

J’irais bien faire un petit périple en Corse, côté mer au printemps, et voyager (Ecosse, Irlande).

Mais pour l’instant, je n’ai pas encore fait le tour de la Bretagne.

Contact : Nicolas Daviau : nicolas_daviau2002@yahoo.fr

Une virée en Grèce avec Agnès

Cet automne, Agnès propose de voyager pendant 9 jours dans les îles ioniennes en kayak.

Agnès Pénisson est guide kayak de mer, elle a monté Planète Kayak dans les Côtes d’Armor près de Lannion.

Agnès, que proposes-tu avec Planète Kayak ?

Essentiellement de partager un très agréable moment de randonnée en kayak de mer, et ce, en m’adaptant aux besoins de mes compagnons

  • parfois simplement faire découvrir un coin que j’ai particulièrement apprécié
  • parfois aider à acquérir les compétences qui leur permettront d’être autonome et de, à leur tour, partager ces moments magiques sur l’eau avec d’autres
  • et surtout proposer d’organiser des randonnées clef en main et d’accompagner.

Falaises blanches
Les falaises blanches de Fleri, en Céphalonie-Grèce, et une mer turquoise ici. Parfois elles sont rouges et la mer verte et en plus elles changent avec la lumière, la marée, le vent.

Quelle est ta formation ?

Je suis coach Seakayak level 3 de la BCU (1) et diplômée BEES canoë kayak 1er degré avec qualif. Mer (2).
Je cite souvent la britannique en premier puisque c’est la première qualification que j’ai obtenue, et surtout parce que c’est l’Ecole, le point de vue qui me correspond le plus; cette formation étant centrée sur le kayak de mer, contrairement à la formation française.

A ton avis, qu’est-ce qu’une femme apporte de différent dans ce type d’accompagnement ?

D’abord une présence féminine dans un milieu largement dominé par le sexe masculin ; le comportement du groupe s’en trouve modifié

  • Après un autre modèle que celui du Monsieur muscle (je n’ai rien contre, mais ce n’est pas une condition nécessaire, ni suffisante d’ailleurs) : le kayak de mer est largement accessible, encore plus à ceux qui ont une pratique sportive un peu régulière; mais pour la randonnée il y a moyen de développer d’autre qualités qui rendent performants;
  • Ensuite une connaissance des difficultés spécifiquement féminines et donc une approche, une écoute plus attentive auprès du public féminin;
  • Enfin des qualités, qui sont souvent féminines même si pas exclusivement : une approche plus souple, conciliante, une sensibilité différente, une ouverture d’esprit, de la patience…

Corse
Bivouac paisible, la Corse ici, mais il y a des millions d’endroits comme ça à découvrir en randonnant en kayak.

Quel est ton kayak ?

Pour l’instant je navigue soit avec un Kitiwek de Plasmor ou un Skerray de Valley.

Celui que tu rêverais d’avoir ?

Ca fait déjà quelques temps que je souhaite évoluer vers un kayak plus joueur, plus sensible et mieux adapté à mon gabarit, et j’en profiterai pour prendre une version allégée ! Pour l’instant mes préférences vont vers le Nordkapp LV et l’Anas-Acuta de Valley.

Quelle est ta zone de navigation habituelle ?

La Bretagne, et plus particulièrement la côte nord, de Morlaix à Plouha puisque j’habite près de Lannion ; mais j’ai beaucoup d’affinités avec la Baie du Mont St Michel et les Iles Anglo-normandes, j’ai eu la chance d’habiter Jersey plusieurs années.

Ton souvenir le plus intense en kayak ?

Difficile de répondre… je ne suis pas bonne à mesurer le bonheur, quand il est là, j’ai l’impression d’être au top à chaque fois ;

Grosse houle
La grosse houle, j’adore

Des moments qui m’ont comblée :

  • la houle et le vent au pied de La Corbiere à Jersey,
  • les courants, véritables arcs-en-ciel, aux Ecrehou,
  • pagayer dans la glace flottante, et pétillante comme du champagne dans la Baie de Disko, au Groenland,
  • surfer les vagues de courants entre Trégastel et Ploumanach,
  • traverser une grotte de Sercq poussée par un courant de 3 nœuds,
  • prendre le bout du sillon de Talbert sur un tapis, au son des galets et d’eau qui roulent,
  • danser sur les vagues le long de la côte sauvage de Quiberon,
  • jouer à cache-cache dans une houle miroir de plus de 2 mètres dans la baie d’Ajaccio, devant les montagnes de Corse,
  • observer les algues colorées se mouvoir dans les eaux limpides autour de Batz

et puis des rencontres inattendues :

  • un gros phoque surfant sous mon kayak aux Ecréhou,
  • des jeunes phoques venant se joindre à nos jeux de raz-caillou derrière les Héaux de Bréhat,
  • échanger quelques sons et croiser le regard d’une baleine devant Oqaitsut, au Groenland

Groenland
Je ne peux rien ajouter, l’émotion est tellement intense (photo Morag Brown)

mais surtout, le PARTAGE d’un moment intense, c’est tellement plus fort qu’un moment intense tout seul.

L’endroit où tu rêves d’aller ?

J’ai la chance d’avoir déjà réalisé plusieurs grands rêves, aller au Groenland, naviguer dans les eaux chaudes d’Iles Grecques bigarrées, et enfin jeter l’ancre en Bretagne près de côtes que j’adore.
J’ai surtout des envies plus que des rêves : voyager d’île en île, rendre visite à d’autres communautés de kayakistes comme les Roumains croisés cet été…
Après, j’aimerais beaucoup aller en Nouvelle Zélande, mais c’est tellement grand, il y a tellement à faire et à voir, j’ai envie d’y passer du temps.


(1) La British Canoe Union (BCU) regroupe les grandes Associations Nationales (anglaise, écossaise, galoise et irlandaise). Elle est l’équivalent britannique de la Fédération Française de Canoë Kayak (FFCK).
Ses diplômes sont mondialement reconnus, et de nombreuses fédérations s’en sont inspirées. C’est elle qui délivre les diplômes de niveau individuel, appelés Stars (1 à 5), qui correspondent aux Pagaies Couleurs françaises. Elle délivre aussi les diplômes des encadrants, appelés Coach Awards : il y a 5 niveaux possibles, les 2 premiers (level 1 et 2) sont pluridisciplinaires, tandis que les 3 autres (level 3 à 5) sont spécialisés Eau-vive, Mer, Canoë ou Surf. Le système est en cours de rénovation actuellement.
http://www.bcu.org.uk/ (voir « Coaching »)
http://www.canoe-england.org.uk/coaching/bcu-qualification-courses/

(2) Le Brevet d’Etat d’Educateur Sportif (BEES) se décline sous l’appellation compliquée « Canoë Kayak et Disciplines Associées » pour notre sport. Ce diplôme professionnel est délivré par l’Etat. Il existe 3 niveaux appelés « degré » et il peut être complété par des qualifications complémentaires, dont celle « mer ».
La FFCK délivre les diplômes de niveaux individuels et les diplômes d’encadrants bénévoles comme l’Initiateur et le Monitorat.
http://www.ffck.org/ (voir « Formation »)