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Retour de Norvège sud (5) : y aller et s’y déplacer

Texte : Laurent Malthieux & Arzhela

Se rendre en norvège sud, avec ses kayaks, implique un long trajet en véhicule afin de rejoindre ces terres septentrionales.

Au départ des Alpes-maritimes, il nous a fallu deux grosses journées de conduite (via l’Italie du Nord, la Suisse et l’Allemagne) pour atteindre la pointe nord du Danemark.

Nord du Danemark

C’est depuis le port d’Hirtshalls que s’offrent plusieurs solutions de ferries pour rejoindre la Norvège. Pour passer la nuit en hôtel à Hirtshalls mieux vaut réserver à l’avance sinon vous risquez de devoir vous rabattre sur ce qui reste et les prix sont quand même assez élevés.

Hirtshals, aller, mer agitée

A partir de là, deux compagnies permettent d’arriver en Norvège : FjordLine et Color Lines.

FjordLine permet de rejoindre, au choix : Langesund, Kristiansand, Stavanger ou Bergen.

La liaison HirtshallsKristiansand avec Fjordline s’effectue avec le « Fjordcat », ferry rapide mais dépendant des conditions de mer. Le jour de notre traversée, le fort coup de vent sévissant a entraîné l’annulation de ce trajet et nous avons été rabattus vers la traversée HirtshalsLangesund, avec un ferry plus gros, moins rapide.

En cas d’annulation du Fjordcat il est utile d’arriver suffisamment tôt pour trouver une place sur un trajet de rechange.

Fjorcat devant Oksoy

Pour ceux qui souhaitent monter un peu plus au nord, explorez la ligne de l’express côtier Hurtigruten qui dessert toute la côte de Bergen à Kirkenes. Assurant le transport des voyageurs et du frêt, il est possible d’embarquer sur ces ferries dans de très nombreux ports de la côte, ouvrant d’innombrables perspectives de navigation au départ de Bergen.

Circuler en voiture

Les routes norvégiennes ne permettent pas d’avaler de la distance. La circulation y est dense et la vitesse très limitée. Prévoir une bonne plage horaire pour effectuer vos trajets.

Les norvégiens ne badinent pas avec la réglementation, alors attention aux amendes, élevées, même en cas de faible dépassement de la vitesse autorisée.

Circuler en bus

Pour l’itinérance en kayak le réseau de bus est très dense et permet d’aller récupérer son véhicule de presque partout. Attention à bien anticiper quand même un point de départ et d’arrivée d’où passe une ligne. En revanche, le trajet peut être long du fait des correspondances.

Pour notre retour, de Flekkefjord à Kragero, il nous a fallu 8 heures de bus (avec deux changements).

 

 

Réseau de bus

Laisser la voiture à terre

Les possibilités de laisser votre véhicule au point de mise à l’eau ne sont pas non plus innombrables. Il nous a fallu un bon moment pour trouver une possibilité à proximité de Kragero, le stationnement longue durée dans le port étant soit interdit soit payant.

En cas de long parcours il est bon d’informer la police locale du stationnement de votre véhicule. La police norvégienne, durant notre parcours, a effectué une demande de coopération aux gendarmes français afin de savoir pourquoi notre véhicule était resté si longtemps à la même place.

Il est conseillé de laisser un petit mot sur la date de retour prévue du type : « gone seakayaking for 3 weeks , will be back on ….., phone number », la Norvège est un pays extrêmement sûr.

Quand à l’option autostop pour aller récupérer son véhicule, elle est vraiment trop aléatoire et semble bien compliquée en Norvège.

Bonne route !

A suivre : Retour de Norvège sud : la faune…

 

Retour de Norvège sud (4) : astuces de bivouac

Texte : Laurent Malthieux & Arzhela

Merci aux kayakistes-randonneurs bretons auprès desquels nous avons appris les petits trucs qui font la différence !

Les réchauds pour la cuisine

Nos deux fidèles compagnons de la cuisine au bivouac sont le réchaud à bois Kuenzi et le réchaud à alcool Trangia.

Nous utilisons le Kuenzi pour cuisiner le soir. Ce réchaud pliable est très peu encombrant. Plus le bois est petit, plus le feu est vif et facile à gérer, une petite scie pliable est indispensable. De plus, il faut alimenter le réchaud en permanence et ne pas laisser mollir la flamme. En posant le réchaud sur une pierre plate, on améliore le tirage en permettant une bonne ventilation de sa base.

mercipourlekayak_l-malthieux_EcosseAlimentation en bois du réchaud Kuenzi

Le trangia est allumé le matin. Avec ces 2 systèmes, nous avons une grande autonomie car la consommation d’alcool est faible. Nous avions emmené 2 litres pour les 20 jours (cuisine pour 2 personnes) et n’avons pas fini le deuxième .
Pour les 2 réchauds, utiliser un briquet « chalumeau » permet un allumage facile, sans se brûler avec la flamme d’un briquet ordinaire.

Au chaud dans un tipi

Pour cette randonnée nous avons investi dans un tipi. Ne l’ayant pas testé au préalable nous sommes partis aussi avec notre tente habituelle. Le tipi s’est révélé très plaisant les jours de pluie. Le montage est facile et rapide. On y dispose de beaucoup de place pour y stocker toutes les affaires et s’y changer debout.

Bien que possédant une ventilation en son sommet nous ne savions pas si nous allions pouvoir utiliser le réchaud bois à l’intérieur sans être fumés comme des saumons !

Le système fonctionne, à certaines conditions :
– fermer les portes de manière à laisser la fumée monter vers le haut du tipi
– entretenir un feu vif dans le réchaud
– poser le kuenzi sur une pierre pour améliorer le tirage.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_4_1Le feu dans le tipi

Avec un tel petit feu, la chaleur se fait sentir très rapidement dans le tipi et permet de se mettre à l’aise les jours froids et pluvieux.
En plus, il suffit de retirer la pierre pour dormir dedans, ainsi pas de problème de foyer au milieu du tipi. Moyennant un petit bricolage avec quelques ficelles, nous avons même pu installer la toile intérieure de la tente dans le tipi, et ainsi ne pas monter la tente, tout en évitant les insectes et l’humidité. En Norvège sud, nous n’avons guère rencontré de moustiques ou de midges.

Les inconvénients du tipi sont le poids (toile extérieure : 2,8 kgs , mât : 0,6 kgs) et l’ encombrement (la toile extérieure tient dans un sac de 22 litres).

Grimper sur les rochers !

Il arrive de devoir débarquer directement sur les rochers afin d’installer le campement.
Dans ce cas, une petite astuce pour hisser les kayaks consiste à utiliser des rondins de bois de manière à y poser les kayaks en appui et les faire glisser dessus pour les hisser à terre.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_3Le bois, toujours utile !

Cette technique peut aussi servir à hisser un kayak en haut de plage. Il suffit de le faire rouler sur un rondin un peu épais et de déplacer le rondin autant de fois que nécessaire.

Pauses

Pour débarquer à tout moment de la journée, Il nous est arrivé régulièrement de devoir se contenter d’un ponton ou des rochers. Un bout de remorquage permet de sécuriser les kayaks et de les laisser à l’eau si besoin.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_4_2Amarrage à un ponton

L’humidité

Les sols sont peu drainants et les emplacements souvent humides. Une bâche épaisse à poser sous la tente permet de s’isoler confortablement.

Le choix de la paire de chaussures à terre se portera sur la botte caoutchouc qui reste un incontournable ! Il n’y a pas de meilleur moyen d’avoir toujours les pieds au sec le soir. En choisissant une botte souple qui monte à mi-hauteur du mollet, on peut facilement la rouler sur elle-même et la glisser dans la pointe du kayak !

Avec en plus un sur-pantalon imperméable, on ne craint plus rien pour passer une soirée dehors !

Une tente tout terrain

En cas de repli sur un rocher ou un ponton bois, il est préférable d’avoir une tente autoportante, elle se tiendra d’elle-même sans arrimage avec des sardines.

L’idéal est d’avoir un modèle avec une chambre non solidaire du double toit, on peut ainsi les ranger dans des sacs séparés. Quand le double toit est mouillé, la chambre reste sèche !

Pas d’impact chimique

On peut réfléchir à tous les produits chimiques que l’on utilise, pour la vaisselle ou la toilette. On peut très bien se passer de produit vaisselle, le sable est un excellent décapant et dégraissant ! Pour se laver, la technique de la « salle de bain arctique » est universelle, en eau douce comme en eau salée !

On peut limiter l’usage du papier toilette en utilisant les algues et l’eau de mer en bord de grève ! Le papier toilette, quand on l’utilise, est brûlé ou glissé dans le sac poubelle. Surtout, on n’utilise pas de lingettes que l’on laisse après soi dans la nature !

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_4Songvaar

A suivre : la Norvège sud, y aller et s’y déplacer ! 😉

Retour de Norvège sud (3) : bivouac

Texte : Laurent Malthieux & Arzhela

Dans les pays scandinaves et en Ecosse, la loi autorise et réglemente le libre accès à la nature. Ici, pas de crainte de se faire déloger en pleine soirée par un propriétaire hostile !
Pour en savoir plus : visitnorway.fr et wikipedia.

Une côte rocheuse

Un lieu de bivouac facile d’accès, c’est-à-dire offrant un débarquement sur une grève et un terrain plat pour y installer une tente, c’est rare !

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_1Portor

En effet, la côte est entièrement rocheuse et les plages de sable ne se rencontrent pas tous les jours ! Il est souvent possible de trouver de petites grèves plus ou moins rocheuses pour y débarquer mais les possibilités d’installer le campement peuvent être inexistantes.
L’arrière grève est souvent constitué de gros rochers et de végétation dense, interdisant d’y poser une tente.

Parfois la seule possibilité consiste en un petit espace suffisant pour une (voire deux) tente, mais il faut accoster directement sur le rocher.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_2Skjotoya, on the rocks !

Vous l’avez compris, il vaut mieux anticiper le temps nécessaire à la recherche du lieu de bivouac, surtout lorsque l’on fréquente une portion de côte pour laquelle on ne possède aucune information préalable comme ce fut notre cas ici.

De rares terrains plats

Dans ces conditions, bivouaquer en groupe nécessite d’anticiper absolument ses points de chute. Il existe cependant des possibilités, comme l’île herbeuse de Tromlingene.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_7Tromlingene, un bivouac de rêve !

Pour trouver des plages, seule la courte portion de Farsund à Listahavn offre de grandes étendues de sable.

Le feu

Au bivouac, le feu est autorisé, le bois abondant et facile d’accès.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_6Revoy

Accès publics

La majorité des iles et ilôts côtiers sont privés mais un bon nombre d’entre eux appartiennent à l’état ou aux collectivités. Dans ce dernier cas ils sont systématiquement aménagés pour l’accueil du public, qui se déplace surtout en petites embarcations motorisées.

mercipourlekayak_l-malthieux_norvege_3_5
Pontons en bois pour débarquer (trop hauts pour les kayaks !), tables de pique nique et barbecues, et toilettes sèches sont à disposition.
Malgré nos recherches sur la toile, il est très difficile de trouver les informations sur la localisation de ces espaces : la majorité des sites sont écrits uniquement en norvégien.

L’eau potable

Bien que le pays regorge d’eau dans tous ses états (douce, saumâtre, salée), il nous a été impossible de nous ravitailler en eau potable dans la nature. En revanche il est très facile de trouver un robinet disponible dans les ports ou chez les particuliers, y compris sur les îles habitées, qui sont toutes desservies en eau.

Bivouac remarquables

Voici quelques points de bivouac remarquables (facilité d’accostage et surface disponible) :

  • Ile de Vardoya, côté nord, à l’Est de Risor.
  • Ile de Tromlingene, partie NO, à l’Est d’arendal
  • Camping et bivouac, à l’extrémité SO de l’île de Tromoy (Hoveodden)
  • Ile de Valoyene à l’Est de Grimstad.
  • Grandes plages à Mandal ainsi que toute la presqu’île.
  • Ile de Underoy (entre le Syrdalsfjorden et le Snigsfjorden) : de part et d’autre de l’île superbes bivouacs spacieux, sable et pelouses !
  • Baies à l’Est de Spangereid.
  • La péninsule de Lista excepté sa bordure ouest et SO.

Campings

Nous ne les avons pas pratiqués, mais nous avons repéré en passant quelques campings au bord de l’eau. A rechercher sur les cartographies web.

Conclusion

En naviguant à deux, avec une tente, on arrive toujours à se caser quelque part, on peut partir à l’aventure. En plus grand groupe, il vaut mieux anticiper ses points de chute ! Il existe de très beaux et vastes emplacements, à repérer au préalable.

A suivre : nos astuces de bivouac 😉