Iroise, la belle sauvage

Archipel de Molène – 1er et 2 sept. 2012 – coeff 100/95 – vent faible NO – légère houle NO

Remonter les îles au jusant par coeff. 100

Le programme ce matin est de cheminer vers les îles à la descendante en jouant dans les veines de courant. Surfs, bacs, reprises et stops promettent d’être intéressants avec ces coefficients.

Courants d'Iroise

Motivés, nous sommes sur l’eau à Porz Illien dès 7h30, prêts à naviguer 2 jours en randonnée.
Nous voilà partis, par une lumière magnifique de soleil levant et de pleine lune rousse nous observant.
Cap à l’ouest pour descendre avec le courant sur Béniguet nord, pour démarrer nos premiers jeux.

Courants d'Iroise 1

Les roches vont se découvrir et on va cheminer ainsi jusqu’au plateau des Beulveniou.
Les phoques nous accueillent, ils se lovent sur le dos, puis sur le ventre, les pattes sortent de l’eau, et ils plongent, puis réapparaissent… presque un jeu de charme, Luc se sent suivi ! 😉

phoque
Phoque, au regard langoureux selon Luc

On rejoint Litiri et on fait une première escale à Quéménès, pour faire une petite visite à la ferme-auberge et se balader sur le sentier ouvert au public.

Quéménès - ferme auberge
Ferme-auberge de l’île Quéménès

On poursuit par Trielen et l‘île aux Chrétiens, avant d’arriver vers notre lieu de bivouac.

Escale à Molène

C’est sous le soleil que nous faisons escale à Molène.

Molène - port

Au programme : un bain dans une eau fraîche et limpide, une balade dans le bourg où la vie est calme.

Molène - fresques Abri canot
Molène – fresques sur l’abri du canot de sauvetage

Et puis une bière servie par Johnny au Kastell an daol, et forcément une balade nocturne pour voir les feux de Ouessant.

Vers Ouessant - phare de Kéréon
Vers Ouessant – phare de Kéréon

Cap vers Balanec

Le lendemain matin nous sommes prêts et motivés pour approcher le Fromveur. Nous faisons route vers les Deux Menhirs, des jeux parsèment notre chemin :

Passe à cailloux, pointes à remonter

Courants d'Iroise 3

Surf dans une vague statique, chamboulée régulièrement par la petite houle.

Courants d'Iroise 2

De loin on repère du chahut dans la direction du Fromveur, la houle de NO combinée au coefficient de marée nous fait renoncer à aller plus loin.
Nous faisons le tour de Balanec en rase-cailloux, en se laissant bercer par toute cette beauté.

Les eaux claires laissent entrevoir une grande diversité d’algues.

Molène - algues
Laminaires et Haricots de mer dans des eaux claires

Retour par le sud des îles

On laisse Molène à babord, puis Trielen, et on met le cap sur Béniguet.

Les fous de Bassan nous survolent très bas, un phoque isolé sur un rocher nous appelle, une bande de sternes Caugek piaillent sur notre passage à la balise de la Vieille Noire.

Balise La Vieille Noire
La Vieille Noire, en arrière le phare des Pierres Noires

Nous atteignons enfin Béniguet sud où une pause est bien méritée, elle nous dévoile ses trésors géologiques.

On a tout eu, les yeux illuminés de merveilles, on est prêts à remettre le cap sur le continent.

Feu d’artifice

La belle, comme pour nous saluer nous envoie, en bouquet final, un groupe de grands dauphins pour le plus beau des ballets, ça saute dans tous les sens, et 2, et 3, et 4 dauphins bondissent hors de l’eau en même temps, on fait des oh! et des ah! interloqués…

La belle nous a endormis avec tous ses charmes, sa mer lisse nous a glissés jusque dans le chenal du Four sans se méfier…

Traversée du Four au flot de mi-marée

Et pourtant elle ne va pas nous laisser rentrer sans nous rappeler qu’elle se mérite et que quelques gardes-fous protègent son royaume. Le courant à mi-marée dans le chenal du Four est très fort (de l’ordre de 4 nœuds) mais l’absence de vent ne laisse apparaître que des marmites un peu partout à la surface.

Cependant Pascal a repéré de très loin que ça monte haut à La Grande Vinotière. Tiens ? certes le courant est fort mais il n’y a pas de vent, et pas de houle perceptible là où nous sommes. On décide donc d’aller voir de près ce qu’il se passe là bas.

La houle de nord ouest vient à l’encontre du courant, levant des vagues, de 2 à 3 mètres au plus près de la balise, Pascal s’en est approché alors que Luc et moi pagayons, pagayons vers la côte.

Inévitablement nous sommes aspirés dans ce train de vagues qui s’étend presque jusqu’à la pointe de l’Ilette. Une fois là-dedans je pense immédiatement au Raz de Sein : ça surfe, ça déferle, ça bouge ! 😉

En y repensant après, c’est vrai qu’on retrouve les mêmes paramètres : forts courants, plateaux rocheux peu profonds, houle. Si l’on vient ajouter du vent là-dedans ça doit pouvoir ressembler à une machine à laver, à éviter les jours de brume…

Cette dernière surprise a fini de me cramer, quel weekend, on s’est régalés ! 😉

Kayak maniacs !

Tout cela se mérite, et chaque fois que ça semble possible il faut savoir en profiter !
Merci à mes co-équipiers, à Luc pour sa contribution aux photos.

Un grand merci à Pascal Le Berre, Moniteur au club de Plougonvelin.
Il nous a fait partager sa généreuse passion pour la technique kayak et sa fine connaissance des lieux.

Pascal Le Berre

Pascal écrit aussi de temps en temps pour Canoë Kayak Magazine
A lire : Kayak en mer d’Iroise N°221 août/sept. 2011.

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