Retour du Groenland: nos moyens de sécurité

Si l’on envisage diverses situations critiques, on se retrouve avec pas mal de moyens de sécurité. Nous avons eu la chance de disposer de « moyens professionnels », ce qui nous a permis de supporter les coûts.

LE MATÉRIEL

Voici une idée du matériel dont nous disposions:

Une balise de détresse
Si elle est déclenchée, le signal de détresse est détecté par un satellite qui relaie vers le Centre de contrôle du CNES à Toulouse. La balise a été préalablement enregistrée pour localiser 6 kayakistes et identifier un contact en France. Le coût est d’environ 280,00 euros (dans les boutiques d’équipement pour bateaux).

Un téléphone satellitaire
Il permet d’appeler n’importe où dans le monde, depuis n’importe où. Les personnes susceptibles de vous venir en aide le plus rapidement sont sur place, il ne faut donc pas oublier d’enregistrer les numéros de contacts locaux (!).

Groenland - Téléphone satellitaire
Téléphone satellitaire Iridium

Pour celui-ci le coût est d’environ 1100 euros, auquel il faut ajouter un forfait de communication de 75 minutes valable 2 mois (coût 200,00 euros).

Des VHF
Toujours utiles pour dialoguer à l’intérieur du groupe si nécessaire (groupe scindé, recherche de bivouac…) ou avec les gens de mer locaux, mais là il est vrai qu’on a entendu parler groenlandais, un appel au secours est sûrement toujours possible mais la compréhension n’est pas garantie.

Des GPS
C’est indispensable de pouvoir communiquer votre position si nécessaire. D’autre part le brouillard est fréquent dans la zone. C’est utile aussi pour trouver les points de bivouac pour lesquels nous avions les coordonnées, à l’improviste il n’est pas toujours facile de trouver un point de chute sur ces côtes montagneuses.

Un panneau solaire
Pour recharger tout ce matos, il est indispensable. Il y a un bon ensoleillement au Groenland, ce panneau solaire doté d’un chargeur universel nous a permis de charger les VHF, le téléphone satellitaire, les appareils photos numériques, et les téléphones portables. Ces derniers fonctionnent uniquement dans les villages, les SMS passent avec la France pour la plupart des opérateurs.

Panneau solaire Powerfilm 20 Watts
Panneau solaire Powerfilm 20 Watts

Ce panneau ne tient pas plus de place qu’un livre une fois replié. Son coût avec le chargeur est d’environ 400 euros.

Un fusil
Pour une éventuelle rencontre menaçante avec un ours nous avons loué un fusil depuis la France. Quand nous en avons pris possession j’ai demandé à ce chasseur s’il avait déjà vu des ours dans le coin, il m’a dit « jamais en 10 ans ! ». J’avais envie de lui dire « gardez-le donc cet engin! ».

Vu d’ici il y a une focalisation énorme sur l’ours polaire, vous dites « Groenland », à tous les coups on vous répond « ours polaire ». Sauf que nous n’étions pas dans sa zone, qui se situe plus au nord, là où la banquise est plus présente. Il faut raison garder et essayer de se renseigner avec discernement.

MÉSAVENTURE

Nous avons eu à utiliser une fois le téléphone satellitaire. Martin a eu la malchance de s’enfoncer sévèrement un hameçon dans un doigt. On avait donc affaire à un kayakiste ne pouvant plus pagayer, et pour lequel une petite intervention chirurgicale était nécessaire.

Avec le téléphone satellitaire nous avons appelé un contact local qui nous a envoyé un bateau. Il a embarqué Martin et son kayak pour Tasiilaq. Il nous a quitté 4 jours et est revenu quand la cicatrisation était assurée.

Groenland - Le retour de Martin
Le retour de Martin

Sur la VHF il était difficile de communiquer. Sans ce téléphone nous aurions pu remorquer Martin, à couple, au village le plus proche, situé à 5-6 milles. Nous avons souvent été beaucoup plus éloignés d’un village.

CONCLUSION

Au Groenland il faut être en mesure de gérer l’isolement d’une part et la barrière de la langue d’autre part, c’est ce qui justifie des moyens de sécurité et des précautions particulières.

Les moyens technologiques ne sont pas infaillibles, par exemple sur nos 3 GPS, 2 sont tombés en panne pendant le séjour.

La technologie ne doit pas nous faire oublier que l’on doit assurer notre propre sécurité aussi par des moyens élémentaires, comme un équipement correct en bouts de remorquage, et un entraînement du groupe aux techniques de sauvetage et sécurité.

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